La question qui n'est, sinon jamais, du moins trop rarement posée, c'est pour quelles raisons certaines personnes sont allergiques et d'autres pas. Quant on se la pose en science médicale conventionnelle, c'est pour montrer du doigt des prétendus facteurs génétiques. Cependant suivant ce que des recherches en épigénétique ont démontré, les gènes ne sont que des sortes de photos de l'état physiologique à un moment donné : notre carte génétique mute en permanence en fonction de notre vécu.
Dans un article paru dans la revue mensuelle Psychologies de juillet-août 1999 écrit par le Dr David Servan Schreiber, on relate une expérience de « Takéo » du nom de cet étudiant qui était allergique à une plante américaine très urticante, le Poison Ivy avec laquelle il avait été mis en contact dans le passé. Le Poison Ivy est une sorte de lierre vénéneux et grimpant qui pousse sur le sol comme sur les troncs d'arbres et que l'on trouve sur presque tout le territoire des USA. Takéo avait éprouvé une violente démangeaison "allergique" au bras droit suite au contact avec cette plante.
Devant témoins, le Pr Ikomi lui annonce qu’il va lui verser une goutte d’extrait de la plante en question sur le bras droit, alors qu'une simple goutte d’eau sera, juste après, déposée sur le bras gauche. Dès le dépôt de goutte sur le bras droit, Takéo ressent une démangeaison qui se manifeste de plus en plus violemment ; s'en suit un enflement, alors que rien ne se produisait, comme de juste – pouvait-on le penser–, sur l'autre bras.
A la surprise générale, le Pr Ikomi déclare à l'assemblée, que ce qu’il a appliqué sur le bras droit n'est en fait qu'une simple et pure goutte d’eau : la goutte de Poison Ivy lui a été versée, en fait, sur le bras gauche et sans (pourtant) que ce dernier ne présente la moindre trace consécutive de réaction cutanée, comme on aurait dû s'y attendre (du moins conformément à la croyance dogmatique en vogue dans le milieu scientifique conventionnel qui associe des vertus automatiquement néfastes à tel ou tel produit ou agent réputé toxique !).
Cette expérience démontre donc que ce n’est que l’idée d’être empoisonné qui entraîne l’allergie (sauf, bien sûr, dans le cas de poisons violents qui exercent toujours une agression physiologique imparable, comme par exemple l’acide sulfurique).
Lorsque je reçois des personnes qui croient que leur allergie est d’origine psychique (pour s’en débarrasser), elles font la découverte plus ou moins rapide, que la réaction allergène n'est en fait active, que si elle est strictement liée à une expérience traumatique antérieure.
Ainsi cette patiente qui vient me trouver parce que chaque année au printemps elle développe un rhume des foins ; l'anamnèse a permis de mettre au jour le fait que l'année précédant celle de la première apparition de cette affection, son compagnon l'avait brusquement et dramatiquement quittée. Elle a compris, par elle-même, qu'en fait, ce rhume lui permettait de se concentrer sur son affection allergique avec notamment comme but de l'aider à occulter ainsi le souvenir du trop douloureux événement (survenu l'année précédente à la même époque). Je l'ai accompagnée pour qu'elle puisse comprendre par elle-même qu'en fait cette affection allergique la protégeait du souvenir de l'événement traumatisant, évitant ainsi une sorte d’effet de boucle : en présence de la réaction allergique, une grande partie de son attention se portait sur la somatisation. Un travail de deuil, visant à ce qu’elle ne souffre plus de la perte de son compagnon, lui a permis de résoudre cette situation conflictuelle. L'année suivante et celles qui ont suivi, elle n'a alors jamais plus été atteinte par ce rhume des foins !
Ainsi, analogiquement, pour mieux appréhender la composante psychique (trop souvent ignorée) des allergies, le cas de cette patiente qui était venue me voir pour un problème d'allergie aux poils blancs d'animaux et qui, faute d'être parvenue à s'en débarrasser, venait donc en chercher et solutionner ce qu’elle pensait en être le fondement psychique. Dans un premier temps elle n'a pu faire aucun lien avec son propre vécu, comme cela est la quasi-généralité en pareil cas (l'occultation inconsciente de la situation conflictuelle originelle permet de se prémunir de la réactivation du surstress initial et opère donc comme une sorte de protection).
Mise doucement en conditions pour arriver à désocculter l'événement causal, elle se souvient, avec émotion, qu'enfant, elle avait un petit chat blanc, mais qu'il a fallu piquer étant donné l'état de santé jugé sans issue positive. Dans un premier temps, elle n'avait pas été d'accord de mettre fin à la vie de son chat, mais, ensuite, elle s'y était résignée mais avec une énorme culpabilité, d'où le traumatisme. Un travail de deuil lui a permis de le résoudre cette situation récurrente, qui était de ne pouvoir s'approcher des animaux à poils blancs, sous peine de déclencher une réaction cutanée importante. Lors d'un troisième rendez-vous, elle a pu caresser sans crainte mon chat blanc qui, comme fait exprès, s'était posté devant la porte de la salle d'attente ; aucune réaction "allergique" ne s'est, comme de juste, produite, ni après en pareille circonstance.
Ces expériences montrent que le développement d’une allergie n’a RIEN à voir avec le contact réel avec le seul prétendu allergène, mais met en jeu des croyances propres à la personne ; elle les développe dans la mesure où s’active une mémoire souffrante et même si c’est suite, par exemple, à une vaccination. La vaccination peut en effet réveiller une situation conflictuelle enfouie en rapport à la symbolique de l’organe touché : le vaccin n’est alors que le déclencheur psychologique de l’allergie.
Alors au lieu de s’acharner à désensibiliser de tels patients par des traitements allopathiques aléatoires, comme on le préconise la quasi-totalité du temps, ne vaudrait-il pas mieux que les responsables médicaux les informent de l’aspect psychique sous-jacent à de tels maux (comme on le fait en médecine psychosomatique) via une aide spécialisée (de type psychothérapeutique) ? Ils seraient ainsi mis en situation de mettre des mots sur les maux : par rapport à leur vécu particulier et puis, se mettre en marche, suivant leur souhait et à leur rythme, vers la désactivation des codes psychiques qui ont installé la réaction allergique.
malou lazaro
26/09/2011 à 12:53:04
Mettre des mots sur des maux et chercher réellement la cause de toute manifestation allergique ...voilà qui me parait à moi plus que sensé et tellement logique ... merci pour cet article qui m'a vivement intéressée !!