En psychologie, on a longtemps considéré qu’il existait qu’un seul et unique mode de fonctionnement du cerveau humain. Cependant, comment pouvait-on comparer sur une même échelle l’intelligence de Mozart et d’Aristote ou encore celles de Pierre et Marie Curie avec celle de Léonard De Vinci ?
C’est en 1981 que le neurophysiologiste américain Roger W. Sperry obtient le prix Nobel de médecine pour ses découvertes sur le cerveau humain et sa distinction entre deux modes de fonctionnement : certaines personnes possèderaient un cerveau neuro-gaucher avec un raisonnement plutôt analytique et séquentiel, et d’autres un cerveau neuro-droitier avec un raisonnement beaucoup plus intuitif et global (et ces modes de fonctionnement n’ont rien à voir avec le fait que vous soyez droitier ou gaucher). Les neuro-droitier sont en minorité dans la population, car d’après Béatrice Millêtre, Neurobiologiste, Docteur en Psychologie et spécialiste française de la préférence hémisphérique, ces personnes représenteraient seulement 30% de la population. C’est d’ailleurs grâce à cette spécialiste et à son livre « Petit guide à l’usage des gens intelligents qui ne se trouvent pas très doués » que j’ai fait cette découverte extraordinaire pour moi !
En effet, au fil de ma lecture je me demandais comment une femme que je n’ai jamais rencontrée pouvait me connaître si bien ? Comment sait-elle que bien souvent j’ai l’impression d’avoir raison sans réussir à le justifier et que mon intuition se révèle juste la plupart du temps ? Comment sait-elle que mes proches me reprochent de trop réfléchir alors que c’est indépendant de ma volonté ? Comment sait-elle que j’ai bien souvent du mal à me faire comprendre et que mon discours est mal structuré simplement parce que mon cerveau réfléchi trop rapidement pour que je puisse ordonner et communiquer mes idées clairement ? Comment sait-elle que toute ma vie on m’a reproché de tout prendre trop à cœur alors que j’ai tout fait pour essayer de maîtriser cette hypersensibilité ? Comment sait-elle que pour trouver la solution à une problématique je n’ai simplement qu’à prendre connaissance des différents éléments et à changer d’activité pour que mon inconscient prenne le relais de la réflexion et qu’une fois qu’il a fini d’assembler les pièces du puzzle, m’impose la solution sans que j’ai eu besoin de me creuser les méninges ? Comment sait-elle que je passe d’une activité à l’autre parce que je trouve ça intéressant alors qu’aux yeux des autres ça passe pour de l’instabilité ? Comment sait-elle que ma capacité d’attention, de travail et de persévérance est dictée par ma passion qui me rend très efficace mais que lorsqu’elle est absente me donne un mal fou à agir ? Comment sait-elle que j’ai tant de projets en tête que je ne sais pas lesquels réaliser et que cela provoque une telle frustration que je ne mène aucun à terme ? Comment sait-elle que lorsque j’effectue des tâches séquentielles sans apprécier le but global cela m’ennuie ? Comment sait-elle que cette profusion de préoccupations que mon cerveau ne cesse de traiter me rend désorganisée et me fait faire les choses au dernier moment ? Comment sait-elle que j’ai besoin de ma solitude tout en étant entourée ? Comment sait-elle que mon sens moral d’équité, de justice et de devoir est si grand que je ne laisse pas de place pour un milieu ? Comment sait-elle que je juge sans aucun ménagement mes semblables mais que le jugement que je porte sur moi-même est encore plus dur ? Comment sait-elle que j’arrive à effectuer aisément certaines tâches qui sont difficiles pour les autres, mais qu’à l’inverse, d’autres tâches que les autres effectuent facilement me paraissent si difficiles ? Comment sait-elle enfin que cette différence que je ressens provoque en moi un grand sentiment de frustration et de manque de confiance en moi dont je n’ai jamais pu expliquer l’origine ?
Mais alors, bien que cette découverte date de plus de 30 ans, pourquoi tant de personnes n’ont pas encore pris conscience de leur différence de mode de fonctionnement ? Les neuro-droitiers étant en minorité dans la population, je pense que le système de valeur a été fait par et pour les neuro-gauchers (Lisez aussi mon article sur les différences de ces deux modes de fonctionnement : "Suis-je neuro-gaucher ou neuro-droitier ?"). Les attitudes des neuro-droitiers sont ainsi interprétées par les neuro-gauchers selon la signification qu’ils leurs donnent avec leurs propres codes de valeur.
Ainsi, pour un neuro-gaucher, passer du temps à effectuer d’autres tâches plutôt que de réfléchir sérieusement à la problématique ne peut qu’être de la paresse et de la dispersion. Alors que pour le neuro-droitier, c'est simplement son mode de fonctionnement.
Ayant fait cette découverte il y a deux jours je n’ai pas encore assez de recul pour en connaître son impact sur ma vie. Et bien que je ne sache pas encore comment tirer parti de cette différence, ce qui est sûr, c’est que je porte un regard neuf sur moi qui me permet de reprendre confiance en moi et qui me fera sûrement progresser dans ma vie.
Je vous ferai un retour d’expérience dans quelques temps, mais je pense qu’il serait intéressant que l’équipe Mesacosan fasse une interview de cette spécialiste de la préférence hémisphérique qu’est Béatrice Millêtre. Qu’en pensez-vous ?
En effet, si réellement 30% de la population fonctionne différemment, je pense que c’est un chiffre assez important pour le prendre en compte tant dans le développement personnel, que l’éducation des enfants ou encore dans le management ? En effet, peut-être que la prise en compte de ces différences et que le travail en commun entre neuro-gaucher et neuro-droitier se révèlerait d’une efficacité redoutable ? Peut-être que si on enlevait les étiquettes que l’on colle parfois à autrui et qu’on leur expliquait leur différences, des talents et des potentiels insoupçonnés se révèleraient…
patrick Onnis
08/05/2013 à 13:19:40
Cher Steven,
Comme je vous comprends !