En matière de comportements alimentaires, notre société, tiraillée entre la « malbouffe » et le « manger sain », voit apparaître une nouvelle tendance qui, au même titre que l’anorexie ou la boulimie, entraîne des effets nuisibles pour la santé : l’orthorexie.
L’orthorexie, qui vient du grec orthos (droit, correct) et orexie (appétit), est l’obsession de l’alimentation saine. C’est un trouble du comportement alimentaire. A la différence de l’anorexique ou du boulimique, l’orthorexique n’est pas obsédé par la quantité de nourriture qu’il ingurgite, mais par sa qualité. Il considère les aliments comme des alicaments (il utilise les aliments en tant que médicaments) et considère son corps comme un lieu sacré à l’intérieur duquel aucune substance nuisible ne doit pénétrer.
Pour l’orthorexique, le goût des aliments et le plaisir de manger sont devenus secondaires (alors que tous les nutritionnistes vous le diront, sur du long terme, le plaisir de manger est indispensable à la stabilisation du poids). L’orthorexique bannit de son alimentation tous les aliments sucrés, salés et gras. Il fait du manger bio une règle de vie, à laquelle il ne dérogerait pour rien au monde. Il s’interdit même certains aliments pourtant indispensables à une alimentation équilibrée tels que la viande, les pâtes, le poisson et dans les cas extrêmes, l’orthorexique va jusqu’à se nourrir uniquement de fruits et de légumes crus.
La préoccupation de manger sain a totalement envahi son quotidien. Il évite les grandes surfaces et privilégie les magasins bio. Il passe des heures par semaine à penser et réfléchir à son alimentation et à la façon de sélectionner ses aliments. Il passe autant de temps à faire ses courses puisqu’il décrypte à la loupe toutes les étiquettes des compositions. Il épure son alimentation au maximum et évite ainsi, tous les composants qui pourraient nuire à sa santé tels que les colorants, les conservateurs, les graisses, le sel ou encore le sucre.
Depuis plusieurs années, la guerre contre la malbouffe est déclarée. Les informations sur ce qui est bon ou mauvais pour la santé défilent et les avertissements ne cessent de nous envahir, que ce soit à la télé, à la radio, sur internet et même dans la rue : manger « bio est meilleur pour la santé », « sans sucre », « sans sel », « sans graisse », on nous martèle qu’il faut manger « 5 fruits et légumes par jour » et « diminuer notre consommation de viande ». Aujourd’hui, les consommateurs sont sous pression, à tel point que la dramatisation de notre alimentation entraîne parfois des névroses tel que l’orthorexie, ce qui n’est pas sans nuire aux personnes qui en souffrent.
En voulant combattre la « malbouffe » à tous prix, l’orthorexique sera sujet à des problèmes de santé sur du long terme. Une alimentation trop sélective et trop répétitive, un régime trop faible en matières grasses et protéines va entrainer des carences.
Ce comportement, inquiétant selon les nutritionnistes, n’a pas seulement un impact sur la santé de l’orthorexique mais également sur sa vie sociale, puisque ce trouble va l’isoler : manger à l’extérieur et respecter ses règles alimentaires devient un tel casse-tête pour l’orthorexique qu’il en vient à refuser les invitations à dîner chez ses proches, ses amis ou encore au restaurant.
Pour résoudre ce problème, l’orthorexique devra bien souvent faire appel à un psychothérapeute. Mais si vous-mêmes ou l’un de vos proches commençait à développer ce type de trouble alimentaire, gardez en tête, afin de relativiser, que si nous mangions si mal que ça, l’espérance de vie des français n’aurait jamais été aussi élevée qu’en 2011…
Manger sain c’est bien... mais manger heureux, c’est encore mieux !
demi trius
30/01/2012 à 12:47:56
Bjr, Merci Cyril. Enfin quelqu'un qui a compris. Je n'ai pas rejeté en bloc cet article, c'est juste le dernier paragraphe qui m'a fait bondir : si ! on mange mal, et si ! l'espérance de vie a reculé. J'ai donné assez de liens pour aller chercher les infos. Cela dit, un esprit dans un corps sain a été et est toujours mon moteur, car ni l'un ni l'autre ne doivent être des poubelles, à chacun de s'en occuper. Mais parfois, tout le monde n'a pas les bons outils, les bonnes infos pour faire ce ménage, c'est un peu ce que j'ai essayé de faire, en toute modestie, croyez-le bien. Je pars du principe que tout ce que je sais, je l'ai appris en lisant, en écoutant, ceux qui savent mieux que moi, ou en l'ayant vécu. Je n'affirme jamais rien, même sur un sujet tout à fait anodin, sans avoir une référence telle que citée ci-dessus. Comme je considère que le savoir n'a de sens que s'il est partagé, c'est ce que j'ai essayé de faire. Mais comment voulez-vous que cela soit compris quand certains pensent, références officielles à l'appui ( donc la désinformation programmée), qu'ils ont, eux, la science infuse !! Je suis assez agacée par la malbouffe et comment elle est organisée, et si cela intéresse certains, je peux donner des liens. Merci donc, d'avoir clos ce débat, qui loin d'être stérile, aura eu au moins le mérite de poser le sujet ou les sujets. Bonne journée.