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La sexualité après 50 ans

Sexologie
Publié le 30 mars 2011

Julie Pollet, sexologue, nous parle de la sexualité après 50 ans. Un sujet tabou ? Pas du tout !
La sexualité après 50 ans

Quel est l’impact de la libération sexuelle sur les gens de plus 50 ans, peut-on encore parler de sujet tabou ?

La génération actuelle est celle des « baby-boomers » ou « papy-boomers » qui ont, dans leur jeunesse, affronté la censure parentale en exprimant une sexualité qui se voulait libérée. Les femmes ont conquis un droit à la sexualité où leur plaisir avait une place importante. Nous sommes donc à l’aube d’une époque différente avec l’arrivée de cette génération à l’âge où leurs parents et plus encore, leurs grands-parents avaient pour beaucoup renoncé.

 

Nous sommes donc dans une période de transition où tout est à inventer dans la manière de vivre sa vieillesse et sa sexualité. Cela peut faire peur et beaucoup de gens sont tentés de se référer à leurs expériences passées et ne peuvent s’empêcher de « comparer » à avant.

 

Vieillir, c’est s’exposer à la modification de ses repères sociaux, affectifs et sexuels notamment. Cette modification peut être difficile à accepter pour la personne qui la vit, surtout que la société ne fait rien pour l’y aider.

 

En effet, on constate que la sexualité des personnes âgées reste un sujet tabou, d’abord pour elles-mêmes (autocensure) mais aussi pour leurs enfants, leurs médecins et plus globalement pour la société. Les principales raisons sont : la gêne de parler de sexualité, la peur que la demande soit anormale et un manque d’information.

 

De nombreux mythes entourent la sexualité des seniors ainsi que beaucoup de préjugés qui donnent une vision négative du sujet.

Comment expliquer le phénomène des « cougars » ? Un phénomène qui existe en fait depuis toujours chez les hommes qui ont toujours été attirés par des personnes plus jeunes…

Il y a plusieurs éléments qui permettent d’expliquer ce phénomène :

  • Après mai 68 et l’avènement des méthodes contraceptives, les femmes ont appris à dissocier le sexe de la procréation. Elles se sont aussi autorisées à jouir de leur corps comme les hommes.
  • Avec les progrès de la science, elles ont aujourd’hui les moyens de prendre soin de leur corps, de s’entretenir davantage et de rester jeunes plus longtemps.
  • Ajouté à cela le fait que les couples se séparent beaucoup plus qu’avant et que donc, de nombreuses femmes de plus de 50 ans se retrouvent sur le « marché du célibat ».

 

Certaines d’entre elles en se lançant dans ce type d’aventures cherchent juste du sexe facile alors que d’autres rêvent encore du grand amour…


Pour la plupart, c’est aussi une manière de courir après une jeunesse perdue et de se prouver qu’elles peuvent encore plaire et séduire… sans doute également poussées par une société qui continue à prôner les valeurs du jeunisme…

Quels conseils pourriez-vous donner pour bien vivre sa sexualité après 50 ans ?

Pour s’adapter à un corps qui change et à une existence en mutation, l’homme et la femme doivent progressivement modifier leurs pratiques sexuelles. Il ne s’agit pas de faire la révolution dans l’intimité de la chambre, mais d’adopter calmement et sans précipitation de nouvelles orientations, qui leur permettront de traverser ensemble, sereinement, le cours du temps.

 

Pour maintenir l’entente sexuelle dans le couple, les hommes devront également accepter certaines remises en question. Quelques rares individus vont conserver dans ce domaine la même vigueur toute leur vie, mais, pour une majorité, le caractère instinctif, impulsif de leur libido va s’émousser. Pour leur équilibre personnel et le bien-être de leur partenaire, ils devront accepter de déplacer leur sexualité d’un fonctionnement réflexe basé sur le physique et la performance vers une sexualité vécue dans la relation et le partage. Il leur faudra donc développer un nouveau langage qui, du plaisir physique, les mènera à l’émotion et à la communication. Cette évolution n’est pas instinctive. Elle nécessite un apprentissage parfois laborieux. Il leur faudra apprendre à partager et à transmettre leurs sentiments dans un respect et une tendresse mutuels, à valoriser le regard, la caresse et le contact. Ainsi, ils accéderont à une sexualité beaucoup plus riche et féconde où l’épanouissement des sens et la sensualité prennent toute leur dimension. Si, dans leurs jeunes années, le désir les conduisait à l’amour, la maturité venue, c’est l’amour qui guidera leur désir.

 

L’enjeu est de comprendre que la sexualité peut être vécue dans la continuité avec une évolution. Il ne faut donc pas comparer la vie sexuelle d’un adolescent avec celle d’un homme d’âge mûr. Il y a pour ça, une acceptation à faire et parfois, un nouvel apprentissage basé sur le « savoir-faire » et l’expérience plutôt que sur la performance.

 

La sexualité des seniors doit s’affirmer comme une entité à part entière.

Merci à Julie Pollet. Retrouvez également son interview sur la libération sexuelle.
Thèmes associés : Sexologie , Coaching couple
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Cet article a recueilli 8 commentaire(s).


Les commentaires

Anne Anh-Dao

Anne Anh-Dao

03/01/2012 à 23:09:39

@ SySy/ Sylvie : J'ai ressenti la même émotion que toi SySy ! C'est très rassurant de lire un tel témoignage, comme quoi, c'est beau la vie, l'amour ! On a toujours une deuxième chance, merci pour ces mots Sylvie !




Sylvie Archvin

Sylvie Archvin

03/01/2012 à 21:53:52

Sylvie merci pour ce témoignage touchant et rassurant. J'ai vraiment ressentie comme une bouffée d'oxygène en vous lisant. Merci.




Sylvie Nicolas

Sylvie Nicolas

03/01/2012 à 18:34:22

Juste un témoignage d'une femme de 56 ans : pour ma part, je n'ai commencé à apprécier le sexe qu'à 49 ans, car avant cela j'avais un partenaire qui ne faisait l'amour que pour son propre plaisir. L'homme avec qui je vis aujourd'hui depuis bientôt 7 ans m'a fait découvrir ce que "faire l'amour" voulait réellement dire. Il a 63 ans dans quelques jours et y met toujours autant de sensualité, de respect et de tendresse. Et contrairement à ce que vous pourriez peut-être penser, nous faisons l'amour beaucoup plus souvent que je ne le faisais quand j'étais mariée. Nous n'avons bien sûr pas de programmation pour cela. Un regard complice, un sourire active notre libido et sincèrement, nous ne nous en laçons pas. Et nous espérons continuer comme ça encore de nombreuses années même si, bien sûr, un jour ou l'autre, le sexe sera progressivement remplacé par notre seule tendresse.
Merci à Julie, qui a l'air encore très jeune, d'avoir abordé ce sujet très important pour le bien-être des quinquas et plus (si affinité) ;-)




Anne Anh-Dao

Anne Anh-Dao

23/05/2011 à 22:59:25

" Si, dans leurs jeunes années, le désir les conduisait à l’amour, la maturité venue, c’est l’amour qui guidera leur désir " c'est très beau et si bien dit Julie !




Julie Pollet

Julie Pollet

03/04/2011 à 18:57:47

Merci Sylvie!
Mon métier est aussi ma passion! ;-)